Quand on pense à Toronto, les inondations ne sont pas nécessairement la première chose qui nous vient à l’esprit. Pourtant, elles représentent une préoccupation grandissante dans la région du Grand Toronto, comme dans d’autres grandes régions métropolitaines telles que Montréal, alors que les épisodes de météo extrême deviennent plus fréquents et plus intenses.
Si vous habitez dans l’un des secteurs de Toronto les plus à risque d’inondation, ou à proximité, il est important de comprendre ce que cela peut vouloir dire pour votre habitation, votre assurance et vos finances. Il est aussi essentiel de vérifier que votre assurance habitation, condo ou locataire offre une protection suffisante contre les dégâts d’eau, afin d’être bien couvert en cas d’imprévu.
Les points clés
Cela dit, certains quartiers de Toronto sont plus vulnérables aux inondations que d’autres. En fait, selon l’Office de protection de la nature de Toronto et de la région (TRCA), 15 secteurs de la région sont particulièrement exposés aux inondations, notamment :
- Rockcliffe-Smythe, à Toronto
- Jane et Wilson, à Toronto
- Hoggs Hollow, à Toronto
- Claireville, à Brampton/Toronto
- Bramalea, à Brampton
- Pickering Beach, à Ajax
- Dixie-Dundas, à Mississauga
- Le centre-ville de Bolton, à Caledon
- Palgrave, à Caledon
- Le secteur industriel de Markham
- Milne Park, à Markham
- Unionville, à Markham
- Oak Ridges, à Richmond Hill
- Woodbridge, à Vaughan
- Stouffville
Comment vérifier si vous habitez dans une zone inondable à Toronto
Vous pouvez utiliser la Carte interactive des plaines inondables de la TRCA pour vérifier si votre résidence actuelle, une propriété que vous envisagez d’acheter ou un appartement que vous prévoyez louer se trouve dans une zone inondable. Cet outil présente une carte numérique des données actuelles sur les plaines inondables, ce qui permet de voir facilement si une propriété est exposée à un risque d’inondation.
Voici comment utiliser la Carte interactive des plaines inondables :
- Zoomez sur le secteur voulu ou utilisez l’outil de recherche en haut de la carte.
- Entrez l’adresse, puis appuyez sur Entrée pour repérer la propriété.
- Zoomez ou dézoomez à l’aide des boutons + et -.
- Si la propriété se trouve dans une zone bleue ombragée, elle est située dans une plaine inondable et pourrait être à risque d’inondation.
Il est important de noter que cette carte montre l’étendue des plaines inondables riveraines, mais ne tient pas compte des inondations causées par le ruissellement urbain ou des problèmes de drainage. Autrement dit, même si votre quartier ne figure pas dans une zone inondable à risque élevé, votre propriété pourrait tout de même être vulnérable lors de fortes pluies ou d’épisodes de météo violente.
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À quoi vous attendre si vous habitez dans l’une des zones inondables de Toronto
Habiter dans un secteur de Toronto à risque d’inondation ne veut pas automatiquement dire que votre propriété sera inondée. Cela signifie toutefois qu’il faut tenir compte de certains risques et de certaines réalités supplémentaires, notamment :
- des dommages possibles à la propriété
- des coûts d’assurance plus élevés
- un accès plus limité à certaines protections d’assurance
- des répercussions possibles sur la valeur de la propriété
- des mesures obligatoires pour réduire les risques d’inondation
- des exigences particulières en matière de construction
- des incitatifs liés à la protection contre les inondations
Dommages possibles à la propriété
Les accumulations d’eau de surface, les refoulements d’égout, ainsi que les pluies torrentielles peuvent causer des dommages importants aux fondations, aux systèmes électriques et aux installations de votre habitation, y compris les planchers, les armoires et les électroménagers. Au-delà du bâtiment lui-même, une inondation peut aussi endommager vos biens personnels, comme les meubles et les appareils électroniques.
En plus des dommages matériels directs, une inondation peut entraîner d’autres problèmes, comme la formation de moisissures, l’affaiblissement de la structure ou des risques électriques. Tous ces problèmes doivent être pris en charge rapidement par des professionnels afin d’éviter qu’ils ne s’aggravent ou qu’ils ne posent des risques pour la santé et la sécurité.
Coûts d’assurance plus élevés
Habiter dans un secteur à risque d’inondation signifie souvent qu’il en coûte plus cher pour assurer votre habitation et votre voiture. C’est parce que le risque accru d’inondation augmente aussi la probabilité de réclamation, et les assureurs ajustent souvent leurs primes en conséquence. Donc, si votre assurance habitation, condo ou locataire coûte plus cher dans un secteur de Toronto que dans un autre, cela peut en être la raison.
Accès plus limité à l’assurance
Certains assureurs peuvent refuser d’offrir une couverture dans les zones à risque élevé d’inondation, ou ne proposer que des protections limitées selon le secteur où vous habitez. Il se peut donc que vous deviez comparer davantage d’options ou faire appel à un courtier, comme YouSet, pour vous aider à trouver un assureur prêt à vous couvrir.
Incidence sur la valeur de votre propriété
Les habitations situées dans des secteurs à risque d’inondation peuvent être plus difficiles à vendre ou se vendre à un prix inférieur à leur valeur marchande. Les acheteurs tiennent souvent compte des coûts d’assurance à long terme et du risque de dommages causés par les inondations au moment de prendre leur décision. Cela dit, investir dans de bonnes mesures de protection contre les inondations peut aider à préserver la valeur de votre propriété et à la rendre plus attrayante pour de futurs acheteurs.
Mesures obligatoires de prévention des inondations
Il est courant que les municipalités mettent en place des mesures de prévention afin de réduire, pour l’ensemble de la population, les risques d’inondation au sous-sol, de refoulement d’égout et de dommages liés aux eaux pluviales.
Par exemple, à Toronto, tous les propriétaires, et pas seulement ceux qui habitent dans une zone inondable, doivent débrancher leurs descentes pluviales du réseau d’égouts municipal. Comme l’indique le site officiel de la Ville de Toronto, le fait de débrancher les descentes pluviales et de rediriger l’eau de pluie vers le terrain peut aider à réduire le risque de surcharge du réseau d’égouts.
Exigences particulières en matière de construction
Si vous prévoyez construire ou rénover une habitation dans une zone inondable, vous pourriez être assujetti à des règles de construction plus strictes. Par exemple, le Code du bâtiment de l’Ontario prévoit deux exigences pour les bâtiments construits dans une plaine inondable :
- Résistance structurale : les bâtiments doivent être conçus et construits selon de bonnes pratiques d’ingénierie afin de résister aux pressions hydrostatiques verticales et horizontales prévues sur la structure.
- Mesures de protection contre les inondations pour la sécurité : les bâtiments doivent intégrer des mesures de protection contre les inondations qui permettent de préserver l’intégrité des sorties et des voies d’évacuation en cas d’inondation.
Ces exigences visent à faire en sorte que les bâtiments construits dans les plaines inondables de Toronto demeurent sécuritaires et structurellement solides pendant une inondation, tout en permettant aux occupants d’évacuer les lieux de façon sécuritaire si le niveau de l’eau monte.
Incitatifs pour mieux se protéger contre les inondations
En plus d’imposer certaines mesures et règles, les municipalités offrent souvent des incitatifs financiers ou des subventions pour aider les résidents à investir dans des protections contre les inondations. Par exemple, le Programme de protection contre les inondations de sous-sol de Toronto (Basement Flooding Protection Program) offre aux propriétaires une subvention pour l’installation de mesures comme un clapet antiretour ou une pompe de puisard.
Pourquoi Toronto est-elle vulnérable aux inondations ?
Toronto est particulièrement vulnérable aux inondations en raison de son paysage naturel, des changements environnementaux et de décennies de développement urbain qui ont transformé la façon dont l’eau circule dans la ville.
Les phénomènes météorologiques extrêmes
Les changements climatiques transforment les régimes météorologiques de Toronto et augmentent, du même coup, le risque d’inondation. Selon le rapport Toronto’s Current and Future Climate 2024, la température annuelle moyenne augmente de façon constante, ce qui entraîne des épisodes de pluie plus variables et plus intenses sur de plus courtes périodes. Même si la quantité totale de pluie devrait augmenter, les précipitations deviennent aussi plus localisées, ce qui veut dire que certains secteurs peuvent recevoir des averses soudaines et violentes.
L’Institut climatique du Canada souligne d’ailleurs que les épisodes de fortes pluies de courte durée, de plus en plus fréquents et intenses, augmentent le risque d’inondations soudaines, surtout en milieu urbain, parce qu’ils peuvent rapidement dépasser la capacité des égouts pluviaux et des systèmes de drainage.
Au cours des 20 dernières années seulement, Toronto a connu au moins quatre tempêtes majeures qui ont dépassé, dans certains secteurs, le seuil d’une tempête centennale. Chacune a entraîné des inondations importantes et causé des dommages se chiffrant en millions de dollars.
Le lac Ontario
La proximité de Toronto avec le lac Ontario est aussi un facteur important du risque d’inondation dans la ville. Le niveau d’eau du lac monte naturellement chaque printemps et au début de l’été en raison des apports provenant du lac Érié et du ruissellement issu des bassins versants. Bien que ces variations fassent partie du cycle normal du lac, les épisodes de météo extrême et les niveaux d’eau anormalement élevés peuvent aggraver considérablement la situation.
Dans un rapport préparé pour la Ville de Toronto par l’Office de protection de la nature de Toronto et de la région (TRCA), les événements de 2017 et de 2018 sont cités comme exemples de l’effet majeur que le lac Ontario peut avoir sur les inondations dans la ville.
En 2017, la fonte des neiges et de fortes pluies ont fait grimper le niveau du lac Ontario à près de 0,91 m au-dessus de la normale, ce qui a provoqué des inondations et de l’érosion sur toute l’étendue du secteur riverain de Toronto ainsi qu’au parc de l’île de Toronto.
L’année suivante, en avril 2018, une tempête de vent a généré des vagues comme on n’en avait pas vu depuis plus de 45 ans. Le rapport précise qu’en l’espace de 24 heures, cette tempête a causé autant de dommages que les inondations survenues pendant toute l’année 2017.
Même si les mesures de contrôle des inondations peuvent aider à réduire une partie des risques, elles ne permettent pas de les éliminer complètement. Autrement dit, pour les personnes qui vivent dans des secteurs riverains, comme Pickering Beach à Ajax, le risque d’inondation demeure encore plus élevé.
L’urbanisation
La croissance urbaine a profondément transformé le paysage de Toronto et a contribué à accroître le risque d’inondation. À mesure que la ville s’étend, de plus en plus de surfaces, comme les routes, les stationnements et les toits, empêchent l’eau de pluie de s’infiltrer naturellement dans le sol. En parallèle, la disparition des espaces verts et des milieux humides réduit la capacité du territoire à absorber et à rediriger les eaux pluviales.
Résultat : davantage d’inondations de surface, surtout lors de fortes pluies. Le secteur de Jane et Wilson, à Toronto, en est un bon exemple. Selon l’Office de protection de la nature de Toronto et de la région, la forte densité du développement urbain dans la plaine inondable et le bassin de drainage du ruisseau Black Creek rend ce secteur particulièrement vulnérable aux inondations.
La topographie
Le paysage naturel de Toronto joue lui aussi un rôle important dans le risque d’inondation. La ville compte des zones basses, des vallées et des plaines inondables le long des cours d’eau, qui sont naturellement plus propices à l’accumulation et à l’écoulement de l’eau lors de fortes pluies. Avec le temps, le développement urbain dans ces secteurs a accentué le risque.
Prenons l’exemple du quartier Rockcliffe-Smythe. Comme le souligne la Ville de Toronto, le développement de ce quartier a commencé après la Seconde Guerre mondiale. À cette époque, il était courant d’aménager des terrains près des rivières et de construire dans le tracé naturel des plaines inondables. Le développement historique du secteur, dès les années 1940, a empiété sur la plaine inondable du cours d’eau et a entraîné un risque important d’inondation.
Des infrastructures vieillissantes
Ce n’est un secret pour personne : les infrastructures de Toronto vieillissent, et cela devient de plus en plus évident à mesure que la ville doit composer avec des précipitations plus abondantes et une croissance démographique accélérée.
Comme l’a affirmé le conseiller municipal Gord Perks, Toronto a été construite pour un climat qui n’existe plus. En gros, les systèmes ont été conçus pour résister à ce qu’on considérait comme une tempête de récurrence de 50 ou 100 ans, alors qu’aujourd’hui, ce type d’événement peut se produire tous les trois ans. Les rues, les conduites, les ponts et les tunnels n’ont donc pas été pensés pour les réalités climatiques actuelles.
Le collecteur principal de Black Creek en est un bon exemple. Construit dans les années 1960, il dessert aujourd’hui plus de 350 000 personnes. Avec les années, la croissance de la population a poussé cette infrastructure au-delà de sa capacité, ce qui a contribué à des inondations et même à des retards dans l’approbation de nouveaux projets résidentiels. Des travaux de modernisation sont en cours, mais d’ici à ce qu’ils soient terminés, le vieillissement des infrastructures continuera de représenter l’un des plus grands défis de Toronto en matière d’inondation.


